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Leica Fotographie International - Magazine Juillet 2003
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compléter le reportage de ce mois-ci dans LFI

Kaboul : retour vers le futur Un portfolio du photographe Carlo Heathcote illustrant les conditions de vie et les espoirs des Kaboulis après le départ des talibans.

Kaboul: deux hommes dans la rue

"Il faut espérer que la fin de la dernière guerre a marqué, pour ces hommes âgés, la fin de toutes les guerres. Alors que le soleil de l'automne déclinant se couche à l'horizon, ils sont assis dans les ruines de ce qui était un marché prospère. Le thé les aide à combattre le froid de l'hiver qui approche et ils me parlent de leur désir de voir Kaboul redevenir ce qu'elle était avant plus de 20 ans de guerre. "

Plaine de Shomali . Une famille traverse un paysage aride entre deux villages.

"Cette photo évoque la solitude, la faim dont souffrent d'innombrables familles "ordinaires" en Afghanistan. Une famille sans patriarche, des enfants sans père, une femme sans mari. Les estimations varient, mais il est généralement admis qu'au moins 90 000 familles n'ont plus de soutien masculin.

Cette famille est seule. Son existence est rendue presque insignifiante par l'immensité des terres arides qui l'entoure. Elle a quitté sa province pour tenter de mener une vie meilleure dans Kaboul nouvellement libérée."

Un réfugié de retour du Pakistan.

"Ce réfugié vient de rentrer du Pakistan. Un camion a déposé toute sa famille et tous ses biens à côté du tristement célèbre terrain de football du centre de Kaboul, que les Talibans utilisaient pour les exécutions publiques.

L'intervention soviétique de 1979 avait entraîné un exode massif et valu à l'Afghanistan le titre peu enviable de plus grand pays producteur de réfugiés au monde. Pendant l'invasion et l'occupation, deux millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du territoire et six millions de réfugiés ont fui le pays. Au plus fort de l'exode, un Afghan sur trois était soit réfugié soit déplacé.


Ma famille vit à Melbourne (Australie), qui compte près de trois millions d'habitants. Un exode d'une ampleur équivalente à celle qu'a vécu l'Afghanistan viderait entièrement de leur population les villes de Melbourne et de Sydney. "

 Kaboul: un réfugié à peine revenu du Pakistan.

"Pour bien des Afghans, le retour n'est pas la réalisation du rêve qu'ils nourrissaient depuis si longtemps. Des centaines de milliers d'entre eux avaient attendu des décennies durant le moment où leur rêve deviendrait réalité. L'espoir d'un retour, voilà ce qui en encourageait beaucoup à ne pas renoncer.

Ce réfugié vient de rentrer en camion du Pakistan. Il craint le pire, car on lui a dit que presque toutes les maisons de Gada-e-Maiwaind, le vieux faubourg de Kaboul où il vivait, ont été détruites. Il ne sait pas où aller, ni ce qui l'attend. Reconnaître que le rêve n'était qu'un rêve, et rien de plus, est sans doute le plus douloureux."